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Lumaaq


Une femme vivait seule avec ses deux enfants, un fils et une fille. Le jeune homme était très habile à la chasse et il y avait toujours abondance de nourriture dans leur iglou. La mère n'en finissait plus de dépecer le gibier et d'apprèter les peaux, si bien, qu'elle prit son fils en aversion et se mit à chercher un moyen pour l'arrêter de tant chasser. Un jour, pendant que le garçon dormait, la femme lui frotta les yeux avec de la graisse de baleine en souhaitant qu'il perde la vue. Quand le jeune homme se réveilla, il était aveugle.

Depuis ce jour, le garçon resta dans l'iglou pendant que sa mère et sa soeur allaient tendre des pièges à renards et chasser le petit gibier. La femme détestait son fils de plus en plus et ne lui donnait à manger que les restes de viande les plus coriaces.

Un jour, un ours polaire errant essaya d'enfoncer le mince carreau de glace qui servait de fenêtre à l'iglou. Le garçon pria sa mère de lui remettre son arc et ses flèches puis il visa dans la direction de l'animal. Il entendit la flèche pénétrer les chairs de l'ours mais la femme lui dit qu'il avait manqué l'ours et atteint le chien. L'ours succomba à sa blessure non loin de l'iglou et la mère s'empressa de le débiter et de cacher la viande pour elle-même et pour sa fille. Le jeune homme n'avait toujours que de la chair de renard avariée à manger et sa soeur le prit en pitié. Elle cachait des morceaux de viande sous son manteau pour son frère sans lui avouer que c'était la chair de l'ours qu'il avait tué. Mais, dès la première bouchée, l'aveugle avait découvert le men¬songe de sa mère.

Le printemps arriva. Le soleil fit fondre le toit de l'iglou. Un jour que le jeune aveugle gisait seul dans l'iglou au toit défoncé, il entendit le bruissement des ailes d'un huart et il l'appela à son secours. L'oiseau vint se percher sur l'iglou et offrit de conduire le jeune homme à un certain lac pour se débarrasser de la souillure qui l'aveuglait. Le garçon consentit quoiqu'il doûtat fort qu'un si petit oiseau puisse lui faire recouvrer la vue.

Une fois rendus au lac, le huart ordonna à l'aveugle de monter sur son dos. "Nous allons plonger dans le lac. Ne bouge pas tant que tu ne sentiras pas que tu vas suffoquer", dit l'oiseau. Quant le garçon fut rendu à bout de souffle au fond de l’eau, il fit signe au huart de le faire remonter. "Que vois-tu?" lui demanda le huart. "Je vois de la lumière", répondit le jeune homme. "Nous allons recommencer", reprit le huart. A sa sortie de l'eau, le garçon discernait le rivage mais le huart le fit redescen¬dre une troisième fois et ils attendirent très longtemps avant de refaire surface. Cette fois, le garçon put distinguer un lemming qui entrait dans son trou sur le flanc d'une montagne lointaine. A sa grande surprise, il vit que le huart était aussi grand qu'un kayak. Le jeune homme demanda à son bienfaiteur comment il pouvait lui témoigner sa reconnaissance. "Il n 'y a pas de poisson dans ce lac. Tu pourrais en apporter de temps à autre", répondit le huart.

Le jeune homme retourna chez lui et s'assit dans l'iglou où sa mère dormait d'un sommeil profond. Il remarqua les peaux crasseuses sur lesquelles il dormait naguère. Quand sa mère s'éveilla, il lui demanda à boire et elle lui tendit de l'eau sale, grouillante de vermine. Le garçon repoussa la tasse avec dégoût et déclara qu'il ne boirait pas de cette eau infecte. La femme comprit que son fils n'était plus aveugle et s'empressa de quérir de l'eau fraîche.

Le fils recommença à chasser et ce fut à nouveau l'abondance. Un jour, le garçon aperçut des baleines à proximité du rivage et demanda l'aide de sa mère: "Tiens-toi derrière moi et attache cette corde autour de ta taille pour m'aider à haler la baleine." "Choisis la plus petite", dit la femme. Mais le garçon harponna la plus grosse baleine du troupeau puis il lâcha la corde. La femme fut entraînée au large par l'énorme baleine et à mesure qu'elle s'enfonçait dans l'eau, elle hurlait: "Lumaa, Lumaa, Lumaa! " Ainsi se termine la légende de la mauvaise mère et de son fils aveugle. Il parait que longtemps après, des chasseurs entendaient parfois les cris de détresse de la pauvresse ballottée par les flots.



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